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Mutuelles : la hausse de trop ! signez la pétition…

Chaque année ou presque, les assurés découvrent avec inquiétude l’augmentation de leur cotisation de complémentaire santé (complémentaire santé privée ou mutuelle) . En 2025, la hausse moyenne annoncée dépasse 6 %, portant l’augmentation cumulée à plus de 25 % en seulement trois ans.

Cette situation interroge de plus en plus de Français qui constatent une réalité difficile à accepter : ils paient davantage, tout en ayant souvent le sentiment d’être moins bien remboursés.

Un système de moins en moins égalitaire

Contrairement à la Sécurité sociale, dont les prestations sont identiques pour tous les assurés selon les règles en vigueur, les remboursements des complémentaires santé dépendent du contrat souscrit.

Contrat de base, intermédiaire ou haut de gamme : le niveau de prise en charge varie selon les moyens financiers de chacun. Celui qui peut payer davantage bénéficie généralement d’une meilleure couverture.

Cette logique s’éloigne du principe fondateur de notre protection sociale : garantir à chacun l’accès aux soins selon ses besoins et non selon ses revenus.

Des retraités particulièrement pénalisés

Cette évolution pèse lourdement sur les retraités.

Les plus modestes consacrent désormais plus de 10 % de leurs revenus aux dépenses de santé restant à leur charge après remboursement de la Sécurité sociale, contre moins de 4 % pour les retraités les plus aisés.

À cela s’ajoute le fait que les cotisations augmentent fortement avec l’âge, alors même que les revenus des retraités sont souvent contraints et évoluent moins rapidement que le coût de la vie.

Des frais de gestion qui interrogent

Un autre sujet mérite d’être mis en lumière : les frais de gestion (pas seulement les les frais administratifs).

En 2024, les complémentaires santé n’ont pris en charge qu’environ 12,5 % des dépenses de soins, mais leurs frais de gestion ont atteint près de 8,7 milliards d’euros.

À titre de comparaison, la Sécurité sociale rembourse environ 80 % des soins tout en consacrant près de 7 milliards d’euros à ses frais de gestion.

Concrètement, lorsque vous versez 100 euros à une complémentaire santé, environ 80 euros seulement servent au remboursement des soins. Le reste finance principalement les frais administratifs, commerciaux, d’encadrement, publicitaires et financiers.

À l’inverse, lorsque vous cotisez 100 euros à la Sécurité sociale, plus de 95 euros sont consacrés directement à la prise en charge des soins.

Cette différence de performance économique pose une question simple : pourquoi maintenir un système où deux organismes gèrent simultanément les mêmes remboursements ?

Sans compter la question de leurs placements sur le marché qui demeure à développer…

Un doublon administratif coûteux

Depuis plusieurs années, la Sécurité sociale facilite déjà considérablement le travail des complémentaires santé grâce à la télétransmission automatisée des remboursements.

Les assurés n’ont plus à transmettre leurs décomptes de remboursement, les échanges informatiques étant réalisés automatiquement.

Malgré cette simplification majeure, les frais de gestion des complémentaires continuent d’augmenter et représentent désormais près de 20 % des cotisations pour de nombreux contrats.

Cette situation nourrit un sentiment croissant d’incompréhension chez les assurés qui voient leurs cotisations progresser plus rapidement que leurs remboursements.

Une solution : une complémentaire santé gérée par la Sécurité sociale

Face à ce constat, de nombreuses voix proposent la création d’une complémentaire santé publique gérée directement par la Sécurité sociale.

Le principe serait simple :

chacun contribuerait selon ses moyens ;
chacun bénéficierait des mêmes prestations selon ses besoins ;
les frais de gestion seraient fortement réduits grâce à une gestion unique.
Cette idée n’est pas théorique.

La Sécurité sociale a déjà démontré sa capacité à gérer directement la couverture complémentaire des bénéficiaires de la CMU-C, devenue aujourd’hui la Complémentaire Santé Solidaire (CSS), avec des coûts de gestion particulièrement faibles.

Une gestion unifiée de l’assurance maladie obligatoire et de l’assurance complémentaire permettrait d’éliminer les doublons administratifs actuels et pourrait générer plusieurs milliards d’euros d’économies chaque année.

Les sommes ainsi économisées pourraient être réinvesties dans l’amélioration de l’accès aux soins, la prévention ou encore la réduction du reste à charge pour les patients.

Pour une Sécurité sociale intégrale

Les défenseurs de cette réforme plaident pour la mise en place d’une « Sécu intégrale », prenant en charge l’ensemble des soins et actes de prévention reconnus comme utiles et efficaces.

Les organismes complémentaires actuels pourraient alors se recentrer sur des garanties supplémentaires relevant davantage du confort ou de prestations non couvertes par la solidarité nationale.

Dans un contexte où les dépenses de santé pèsent de plus en plus lourd dans le budget des ménages, la question mérite d’être posée sereinement : faut-il continuer à empiler les structures et les frais de gestion, ou rechercher une organisation plus simple, plus efficace et plus solidaire ?

Le débat est ouvert, mais une chose semble désormais certaine : la hausse continue des cotisations des complémentaires santé ne pourra pas se poursuivre indéfiniment sans susciter une remise en question profonde du système actuel.

Signez la pétition

Une pétition citoyenne a été déposée auprès de l’Assemblée nationale afin de soutenir la création d’une complémentaire santé gérée par la Sécurité sociale et d’ouvrir un véritable débat sur l’avenir du financement de notre système de santé.

Les personnes souhaitant en prendre connaissance ou la signer peuvent la consulter ici :

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5254

 

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